Posez les yeux sur une carte du Cap-Vert et vous comprendrez vite pourquoi l’archipel déroute les voyageurs : dix îles principales dispersées dans l’Atlantique, à quelque 600 kilomètres des côtes africaines, et autant de reliefs, de climats et d’ambiances. On y vient souvent pour le soleil et les plages ; on en repart marqué par ses montagnes. Pour qui prépare une randonnée, le premier réflexe consiste donc à lire cette carte, car d’une île à l’autre l’expérience de marche n’a rien à voir.
Du sud désertique au nord montagneux
Au sud, Sal et Boa Vista, les plus touristiques, sont des îles plates et arides, taillées pour la plage et les sports nautiques bien plus que pour le trek. On les survole volontiers quand la marche est l’objectif du séjour. C’est en remontant vers le nord-ouest, sur le groupe de Barlavento, que les volcans ont sculpté les paysages les plus verticaux et que la randonnée à Santo Antão s’impose comme le joyau de l’archipel. L’île, la plus montagneuse du Cap-Vert, aligne des vallées profondes, des crêtes effilées et un réseau de chemins pavés hérité d’un temps où ils reliaient, à pied, des villages sans route. On y marche entre cultures en terrasses et à-pics sur l’océan, dans une débauche de vert qui contredit l’image sèche qu’on prête au pays.
Fogo, Santiago, São Vicente : l’autre visage de l’archipel
Au centre, l’île de Fogo dessine sur la carte une silhouette presque parfaitement circulaire : celle d’un volcan. Son ascension, au départ d’une caldeira où l’on cultive la vigne, offre une marche minérale et spectaculaire, à des années-lumière des sentiers verdoyants de Santo Antão. Santiago, l’île la plus peuplée, et São Vicente, avec sa ville portuaire de Mindelo, complètent le tableau : des escales plus culturelles que sportives, parfaites pour souffler entre deux étapes de marche. Chacune mérite au moins une journée, le temps d’écouter la musique des bars de Mindelo ou d’arpenter les ruelles de Cidade Velha, sur Santiago, premier comptoir européen établi sous les tropiques.
Construire son itinéraire entre les îles
Cette lecture cartographique a une conséquence concrète : un séjour de marche au Cap-Vert se construit forcément sur plusieurs îles, donc sur plusieurs déplacements. Vols intérieurs et liaisons maritimes rythment l’itinéraire, avec des horaires qui varient selon les saisons. C’est tout l’enjeu de la préparation, et la raison pour laquelle beaucoup de marcheurs confient l’assemblage de leur parcours à un spécialiste : les circuits de randonnée au Cap-Vert proposés par les agences locales règlent cette équation logistique et maximisent le temps passé sur les sentiers plutôt que dans les transports.
La meilleure période pour partir
Côté calendrier, la règle est simple à retenir : la saison sèche, de novembre à juin, offre les meilleures conditions, avec un ciel dégagé et des températures clémentes en altitude. Les mois d’août à octobre, plus humides, verdissent les vallées mais compliquent certaines marches. Une fois les bonnes îles identifiéesn Santo Antão pour les vallées, Fogo pour le volcan, il ne reste plus qu’à relier les points. Le dépaysement, lui, est garanti sur chacune d’elles.



