Alger ne se visite pas. Elle se vit. Deux jours suffisent pour tomber sous le charme de cette capitale méditerranéenne où les façades blanches dévalent vers une mer d’un bleu profond. Ce guide jour par jour vous donne un itinéraire concret pour profiter d’Alger en 48h, de la Casbah classée au patrimoine mondial jusqu’aux meilleurs restaurants, en passant par les collections permanentes, les jardins et les panoramas qui font la réputation de la capitale.
On a compilé les retours de voyageurs, les vlogs les plus vus et notre propre expérience du terrain pour vous proposer un programme réaliste. Pas de blabla touristique, des adresses qui tiennent la route et des conseils pratiques que les guides classiques oublient.
Jour 1 matin : la Casbah, cœur historique d’Alger
Commencez par le quartier qui donne à Alger son âme. La Casbah, classée au patrimoine mondial depuis 1992, reste le meilleur point de départ pour un premier séjour dans la capitale algérienne.
Se repérer dans la Casbah
Le point d’entrée classique est la place des Martyrs, en contrebas. De là, les ruelles montent en lacets serrés vers le sommet de la colline. Le quartier compte encore près de 50 000 habitants qui vivent dans un dédale de maisons traditionnelles construites autour de cours intérieures. On est loin du musée à ciel ouvert figé. C’est un quartier vivant, bruyant, parfois chaotique.
Les maisons blanches à la chaux cachent des patios invisibles depuis la rue. Un guide local est fortement recommandé pour la première visite. Sans lui, on rate les palais cachés, les ateliers d’artisans et les mosquées qu’aucun panneau n’indique. Comptez environ 3 000 DZD (12 € au taux parallèle) pour un guide privé de 2 heures.
Les monuments à ne pas manquer
Le palais Dar Aziza, posé face à la mosquée Ketchaoua sur la place des Martyrs, est considéré comme l’un des plus beaux palais ottomans d’Alger. Son intérieur n’est pas toujours accessible, mais la façade vaut le détour.
Jamaa el Kebir, la grande mosquée bâtie en 1097 sous la dynastie almoravide, est le plus ancien lieu de culte de la ville. Son minaret ajouté en 1324 se détache au-dessus des toits serrés de la médina. Plus discrète, la mosquée Ali Betchine porte le nom d’un renégat toscan converti à l’islam au XVIIe siècle. Petite, mais chargée d’histoire.
En redescendant vers le front de mer, on tombe naturellement sur la Grande Poste d’Alger. Cet édifice néomauresque construit en 1910 par les architectes Voinot et Toudoire domine une place animée. Les coupoles, le stuc et les dorures intérieures méritent qu’on pousse la porte.
Jour 1 après-midi : front de mer, Notre-Dame d’Afrique et boulevards haussmanniens
La promenade du front de mer
Après la Casbah, descendre vers le front de mer offre un contraste saisissant. Les palmiers bordent une large promenade avec vue sur toute la baie d’Alger. C’est le spot idéal pour une pause café en milieu de journée. Les vlogueurs qui découvrent la ville pour la première fois sont unanimes : cette baie est l’une des plus belles de la Méditerranée.
Les boulevards du centre-ville
En remontant depuis le port, les boulevards bordés d’immeubles haussmanniens surprennent les visiteurs français. On se croirait par moments dans un arrondissement parisien transplanté sous le soleil. L’architecture coloniale est bien conservée : néo-classique, style 1900, influences déco, néo-mauresque. Un architecte algérois peut vous faire découvrir ces différentes strates en une demi-journée.
La basilique Notre-Dame d’Afrique
Impossible de quitter Alger sans monter voir « Madame l’Afrique », comme la surnomment les Algérois. Cette basilique construite en 1858 sur un promontoire de 124 mètres domine la mer d’une façon saisissante. Les Marseillais reconnaîtront un air de famille avec Notre-Dame de la Garde. Normal : les deux édifices sont presque jumeaux.
Sur le mur de l’abside, une inscription en français, arabe et berbère dit : « Notre-Dame d’Afrique, priez pour nous et pour les Musulmans ». Un message œcuménique rare. Depuis le parvis, le panorama sur Bab-El-Oued, la Casbah et la Méditerranée est tout simplement le plus beau point de vue de la ville.
Le taxi pour y monter coûte environ 500 DZD (2 € au taux parallèle). Et bonne surprise : les chauffeurs algérois refusent parfois de se faire payer par les touristes étrangers. L’hospitalité est un trait culturel fort à Alger.
Jour 1 soir : où dîner à Alger et découvrir la gastronomie algéroise
C’est le grand absent des guides de voyage classiques : les bonnes adresses pour manger. La gastronomie algéroise est intimement liée à la Méditerranée et aux produits de saison.
Les plats à goûter absolument
La rechta est LE plat algérois par excellence. Des nouilles de semoule servies avec de l’agneau, des courgettes, des navets et des pois chiches, relevés de paprika, coriandre, carvi et piment. Plusieurs restaurants du centre-ville sont réputés pour ce plat.
La chorba, soupe traditionnelle à base de tomate et de vermicelles, est parfaite en entrée. Les bourek, feuilletés farcis à la viande ou au fromage, se trouvent partout en street food. Et les sardines grillées au port restent un classique absolu.
Street food et petits cafés
Les restaurants de rue restent ouverts tard le soir à Alger. Un repas complet de street food coûte entre 500 et 1 000 DZD (2 à 4 €). Les petits cafés de quartier sont aussi un lieu de vie sociale incontournable. Le café coûte environ 50 DZD (0,20 €) et c’est la meilleure façon de rencontrer des locaux. On ne vient pas juste boire un café, on vient discuter.
Jour 2 matin : Jardin d’Essai du Hamma et musée des Beaux-Arts
Le Jardin d’Essai du Hamma
Le deuxième jour commence au vert. Le Jardin d’Essai du Hamma s’étend sur 32 hectares face à la mer, à quelques minutes du centre. Créé au XIXe siècle, il fait partie des grands jardins d’acclimatation du monde et abrite plus de 3 000 espèces végétales.
On passe du jardin à la française avec ses allées géométriques au jardin à l’anglaise plus sauvage. Ficus géants, palmiers, pivoines et plantes exotiques composent des ambiances qui évoquent tour à tour l’Europe et les tropiques. Prévoyez 1 à 2 heures de visite. L’entrée est symbolique : 100 DZD.
Le musée national des Beaux-Arts
Juste au-dessus du jardin, ce musée bâti en 1927 est souvent présenté comme le plus grand espace d’exposition du continent. Ses collections rassemblent plus de 8 000 pièces : peintures, sculptures, dessins. Matisse, Monet, Delacroix et Gauguin y côtoient les figures majeures de l’art algérien comme Baya, Bachir Yellès ou Mohammed Racim. Comptez 1 heure de visite minimum.
Jour 2 après-midi : Mémorial du Martyr et dernières découvertes
Le Mémorial du Martyr (Maqam Echahid)
Ce monument inauguré en 1982 pour le vingtième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie culmine à 92 mètres. Trois palmes géantes s’élancent vers le ciel, chacune incarnant une période de l’histoire algérienne. Au pied du mémorial, un musée retrace les grandes étapes de la lutte pour l’indépendance avec des objets, des photographies et des témoignages. La visite prend environ 45 minutes.
Le musée du Bardo ou flânerie libre
Deux options pour la fin d’après-midi. Le musée national du Bardo, dédié à la préhistoire et à l’ethnographie, vaut le détour pour les passionnés d’histoire. Sinon, on recommande de simplement flâner dans un quartier qu’on n’a pas encore exploré. Hydra, par exemple, abrite l’Arbre à Dires, la librairie des Éditions Barzakh, considérée comme la meilleure du pays. Une belle fenêtre sur la vie intellectuelle algéroise.
Option bonus : excursion d’une demi-journée à Tipaza
Si votre programme le permet, Tipaza mérite le détour. À moins d’une heure de route à l’ouest d’Alger, ces ruines romaines offrent un paysage saisissant où colonnes antiques et cyprès se détachent sur le bleu de la Méditerranée. Le site, protégé au rang mondial, comprend une nécropole punique et un vaste parc archéologique.
Non loin, le Mausolée royal de Maurétanie, attribué au roi Juba II et à Cléopâtre Séléné, ajoute une dimension romanesque à l’excursion. L’idéal est de combiner Tipaza avec un déjeuner de poisson grillé dans l’un des restaurants en bord de mer.
Pour s’y rendre, la location de voiture à Alger est la solution la plus pratique. On roule environ 70 km sur une route côtière agréable. Un véhicule permet aussi de pousser jusqu’à Cherchell (90 km d’Alger), qui abrite un patrimoine antique riche avec aqueducs, forum et basilique.
Où dormir à Alger : les meilleurs quartiers et hôtels
Le choix du quartier compte autant que l’hôtel lui-même.
Les quartiers recommandés
Le secteur autour du Jardin d’Essai du Hamma est le plus pratique. On est à proximité du musée des Beaux-Arts, du jardin, et le centre-ville est accessible en 10 minutes de taxi. Le Sofitel Algiers Hamma Garden est la référence haut de gamme du secteur, avec piscine et salle de sport.
Hydra et Sidi Yahia sont des quartiers résidentiels plus calmes, avec des hôtels comme l’Hôtel Sidi Yahia qui offrent une atmosphère familiale et des vues dégagées sur la ville.
Le centre-ville historique (près de la Grande Poste) place le voyageur au cœur de l’action, mais les options d’hébergement y sont plus limitées.
Budget hébergement
Une nuit en hôtel 4 étoiles à Alger coûte entre 8 000 et 15 000 DZD (32 à 60 €). Les hôtels 3 étoiles corrects tournent autour de 5 000 à 8 000 DZD (20 à 32 €). C’est nettement moins cher que les capitales européennes.
Comment se déplacer à Alger : métro, taxi et location de voiture
Le métro et le tramway
Alger dispose d’une ligne de métro qui relie les quartiers centraux. Pratique pour éviter les embouteillages, qui sont légendaires en journée. Le tramway dessert d’autres zones. Le ticket coûte 50 DZD.
Les taxis
Le taxi reste le moyen de transport le plus utilisé par les touristes. Les courses en ville coûtent entre 300 et 800 DZD (1,20 à 3,20 €). Pas de compteur dans la plupart des taxis : négociez le prix avant de monter. Et préparez-vous à une surprise culturelle. Les chauffeurs refusent régulièrement de se faire payer par les visiteurs étrangers. C’est sincère, pas un piège.
La location de voiture
Pour explorer au-delà d’Alger (Tipaza, Cherchell, Sidi Fredj), la voiture est la meilleure option. Avec un véhicule de location on gagne en liberté et on peut combiner la visite d’Alger avec des excursions côtières. La conduite en ville est sportive, mais les routes côtières vers l’ouest sont agréables.
Budget détaillé pour 48h à Alger
C’est le sujet que tous les guides évitent. Voici un budget réaliste pour un voyageur indépendant, calculé au taux de change parallèle (environ 1 € = 250 DZD) qui est le taux effectif pour les touristes.
Pour un voyageur économe, on peut descendre à 100 € pour 48h en choisissant des hôtels 2 étoiles et en mangeant principalement en street food. Le croissant en boulangerie algérienne coûte environ 0,10 € et il est excellent.
Conseils pratiques et sécurité pour visiter Alger
L’argent : le point le plus important
Les cartes bancaires Visa et Mastercard ne fonctionnent pratiquement nulle part à Alger. C’est le conseil numéro un. Prévoyez du cash en euros. Le taux de change officiel est d’environ 1 € = 150 DZD, mais le taux parallèle courant tourne autour de 1 € = 250 DZD. La différence est énorme : elle double votre pouvoir d’achat.
La sécurité
Est-il prudent d’aller en Algérie aujourd’hui ? La réponse courte est oui. Alger est une ville sûre pour les touristes. Les vlogueurs français qui y vont sont unanimes : les préjugés ne résistent pas à l’expérience terrain. La ville est vivante, accueillante, avec une ambiance méditerranéenne chaleureuse. Les précautions sont les mêmes que dans n’importe quelle grande ville : éviter les quartiers isolés la nuit, surveiller ses affaires dans la foule.
Le visa
Les ressortissants français ont besoin d’un visa pour entrer en Algérie. Le visa tourisme de 15 jours se demande au consulat. Les délais varient, prévoyez au moins 3 semaines avant votre départ.
L’hospitalité algéroise
C’est le trait culturel qui revient dans tous les témoignages de voyageurs. Les Algérois offrent spontanément le café, la nourriture, leur aide. Les taxis refusent le paiement. Les commerçants ajoutent un petit extra. Ce n’est pas du marketing touristique, c’est un code social profondément ancré.
FAQ : vos questions sur Alger en 48h
Combien de jours faut-il pour visiter Alger ?
Deux jours permettent de voir les incontournables : la Casbah, Notre-Dame d’Afrique, le Jardin d’Essai, le musée des Beaux-Arts et le Mémorial du Martyr. Pour ajouter Tipaza et explorer les quartiers en profondeur, prévoyez 3 à 4 jours. Au-delà de 5 jours, on commence à rayonner vers la Kabylie ou le Sahara.
Que faire à Alger en 3 jours ?
Suivez l’itinéraire de 48h de ce guide, puis consacrez le troisième jour à Tipaza et ses ruines romaines. Avec une voiture de location, on peut combiner Tipaza le matin, déjeuner de poisson grillé sur place, et pousser jusqu’à Cherchell l’après-midi avant de rentrer à Alger.
Où passer un week-end en Algérie ?
Alger est le choix le plus évident pour un premier week-end. La ville se prête parfaitement à un séjour de 48h grâce à sa densité de sites et sa bonne desserte aérienne depuis la France. Pour un week-end balnéaire, Sidi Fredj (à 30 km) offre plages et port de plaisance. Oran et Constantine sont d’autres destinations de week-end possibles, mais elles nécessitent un vol intérieur ou un long trajet en voiture.
Est-il prudent d’aller en Algérie en ce moment ?
Oui. Alger est une ville sûre. Le tourisme se développe et les voyageurs indépendants sont de plus en plus nombreux. Les mêmes précautions que dans toute grande capitale s’appliquent. L’hospitalité des Algérois est unanimement saluée par les voyageurs qui s’y rendent.
Alger est une destination qui surprend. En 48 heures, on découvre une ville blanche accrochée entre mer et collines, un patrimoine qui couvre dix siècles d’histoire, une gastronomie généreuse et une hospitalité sincère. Le tout pour un budget dérisoire comparé aux capitales européennes.
Le plus dur, c’est de repartir. Parce qu’après deux jours à Alger, on a déjà envie de revenir explorer le Sahara, la Kabylie ou les plages de la côte ouest. Et avec les liaisons aériennes directes depuis Paris, Marseille et Lyon, le prochain week-end à Alger n’est jamais très loin.



